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Allegra KABAMBA, docteur en économie
par: Pob KIDIMBU
03-06-20 à 09:05
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Fluctuations du taux de change en République Démocr

Covid-19, une maladie infectieuse émergente causée par une souche de coronavinus appelée SARS-CoV-2. Déclarée pandémie mondiale depuis le 11 mars 2020 par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

La Covid-19 a fait des centaines de milliers des morts dont les
conséquences sont aussi bien sanitaires, psychologiques que socio-économiques. Avec la mondialisation, à travers le commerce et les Investissements Directs Etrangers (IDE), cette pandemie a
sensiblement touché les économies des Pays Développés et continue de peser fortement sur les économies des Pays en Développement (PED) en général, et celles du Continent Africain en particulier, caractérisées par l'extraversion (exportations des matières premières) et totalement dependantes des importations des produits manufactures.

La République Démocratique du Congo (RDC),à l'instar des autres pays d'Afrique
Subsaharienne a subi de plein fouet les effets socio-économiques de la Covid-19 comme un choc
exogène. 

En effet, en tant que petite économie ouverte, dollarisée et extravertie, il sied de préciser,que
depuis son accession à l'indépendance, l'économie congolaise est tributaire du commerce international
tant pour les importations (ce qui est consommé localement provient majoritairement de l'étranger
que pour les exportations (commerce à l'état brut des minerais notamment le cuivre, le cobalt, le
diamant..) qui constituent le pilier de l'économie du pays en termes des réserves de change.

Avec cette économie extravertie, le taux de change apparait comme un indicateur important dans la détermination de la compétitivité du pays sur le marché international. 
De manière générale, la volatilité du taux de change en RDC a souvent été caractérisée par une perte de valeur de sa monnaie par rapport a la monnaie étrangère due à la rareté des devises d'une part, et aux avances de
la Banque Centrale du Congo (BCC) à l'État d'autre part.

En effet, au premier trimestre de l'année 2020, le taux de change en RDC est passé de
1687,09 CDF en Janvier à 1699,82bCDF en mars dès le début timide de la crise sanitaire pour se fixer à 1900 CDF pour 1 USD au mois de Mai, soit une augmentation successive de 0,7 % durant la première
période contre 11,8% durant la deuxième période de forte crise du coronavirus. 

Même si la dépréciation du Franc Congolais face au dollar est faite de manière spectaculaire, soit une dépréciation de 8,31% en
l'espace de 5 mois, il ressort que la dépréciation de la monnaie nationale par rapport au dollar
américain remonte depuis Juillet 2019 suite à la baisse des cours des matières premières (cobalt,
cuivre), fixant le taux de change à 1655,01 CDF contre 1632,18 CDF pour 1USD en décembre 2018.

Au niveau des réserves de changes, entre 2018 et 2019, elles avaient connu une augmentation, passant de 660,03 millions USD à 1,03 milliard USD, et ce, suite à l'encaissement
d'une Facilité de Crédit Rapide (FCR) dans le cadre du programme de référence que la RDC mène avec le Fonds Monétaire International (FMI). 

Avec la crise sanitaire actuelle et les fermetures des frontières, l'autorité monétaire s' est vue dans l'incapacité de stabiliser le taux de change depuis le début de cette pandémie. 

En effet, la Banque Centrale du Congo a fait face à une diminution de son matelas des devises qui s'est situé à 606,79 millions USD en avril 2020 (suite à la non-entrée des
devises grace aux recettes d' exportation d'une part et les sorties des capitaux pour les biens et services
importés d'autre part) avant d'atteindre une semaine après 992, 10 millions USD au 28 avril 2020 grâce à l'obtention d'une FCR de 363,27 millions USD du FMI.

La crise sanitaire qui s'est déclarée depuis le 9 mars 2020 en RDC a entrainé une crise socio-économique qui se caractérise entre autres par la rupture de l'équilibre macroéconomique
traduite par un ralentissement de l'activité économique (initialement prévue à 4,6%, la croissance est revue à 4,1% en 2020, contre des réalisations de 4,4% et 5,8% respectivement en 2019 et 2018), la détérioration des termes de l'échange, la perte du pouvoir d'achat (l'inflation s'est fixée à 10,7% en avril 2020 contre 4,6% en 2019), l'ampleur du déficit des finances publiques avec pour conséquence une pauperisation de plus en plus accrue de la population.

Si les effets économiques du Covid-19 sont plus visibles dans certains pays africains comme
la RDC, ceci s'explique par le fait que l'économie congolaise a un tissu producif archaïque et presque
inexistant. 

C'est un importateur hors pair qui dépend du reste du monde même pour les biens de
première nécessité (produits alimentaires et autres).

Pour contourner ou atténuer les chocs exogénes du commerce international tel que la Covid-19, la RDC devrait mettre en pratique un arsenal de politiques: de diversification de son économie en
en courageant la promotion du secteur agricole afin de changer son statut de « price taker » sur le marché mondial, de création et de promotion des industries locales afin de substituer les importations,réduire la dépendance vis-à-vis de produits étrangers, et enfin de mise en place d'un secteur
industriel afin d'accroitre sa productivité d'une part, et favoriser l'intégration des provinces (réseaux
routiers) pour promouvoir la circulation des biens et services.

Tribune d'Allegra KABAMBA, Docteur en Economie


Editeur.cd/ Publié par: Pob KIDIMBU - Le 03-06-2020 à 09:05
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