Vous êtes ici: Accueil > politique > RDC: La Démocratie congolaise à l’épreuve du compromis perpétuel/( Tribune de Me Laurent OTSHUMBE )
Me Laurent Otshumbe Cadre D'ECIDE de Martin Fayulu/ Copyright photo tierce
par: Mira Mboma
21-11-20 à 07:26
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RDC

La récurrence des crises politiques en République Démocratique du Congo prouve que les solutions adoptées jusqu’ici ont été inefficientes.

Elles ont soigné le symptôme sans toucher à la racine du mal.
On  s’accorde avec les analystes les plus objectifs sur la nature politique de la solution qui doit permettre de résoudre les crises congolaises. 

Mais, la solution politique souvent mise en œuvre, se concentre sur la problématique du pouvoir. Elle consiste en effet à repartir l’exercice du pouvoir d’Etat entre les élites politiques selon un critère d’équilibrage politique, ethnique voir religieux, assortie des avantages matériels et financiers. Or, cette solution non seulement est dépassée, mais s’est avérée inefficiente.

Le dysfonctionnement dans les crises congolaises illustre les derniers fiascos retentissant en date de cette solution. On a réduit la crise politique au partage du pouvoir d’Etat. On a traité le problème politique selon un critère de répartition ethnique du pouvoir, qui s’inspire en réalité de la logique et de la technique de l’administration colonialiste des sociétés polyethniques africaines.

 A cette époque, l’implication de l’élite autochtone dans l’exercice du pouvoir, permettait de donner une coloration endogène de l’acculturation forcée. Cette solution continue et se perpétue en une conception instrumentale et mercantile de l’Etat moderne, comme appareil d’accumulation d’un pouvoir multiforme, satisfaisant les objectifs politiques parfois, des médiateurs étrangers ou locaux, dont l’intervention est souvent assujettie à la logique des égoïsmes d’Etat .

Si elle permet à ces médiateurs de maitriser les nouvelles reconfigurations politiques qui émergent des Etats africains en crise, elle aboutit finalement à la reproduction de la division et de la scission et ne s’avère pas pertinente.


La solution récente consiste à soutenir l’installation formelle de la démocratie et à injecter les fonds pour soutenir la créations d’infrastructures afin de promouvoir la croissance économique. Or, la tendance des élites politiques à réduire la démocratie à sa forme institutionnelle à la vider de sa dimension essentielle qui est de représenter politiquement les intérêts des acteurs sociaux, leur propension à détourner les fonds alloués par les instances internationales vers l’objectif d’enrichissement personnel.
La politique de réconciliations factices fondées sur les gratifications matérielles centrées sur le partage du pouvoir, l’entretien de l’impunité et la tolérance officielle de la  corruption sur base des débouchages, favorisent la division et l’atomisation schizophréniques du corps social.


La réconciliation devrait être donc, la somme des valeurs partagées et de commune appartenance qu’il faut construire pour unir la diversité ethnique et sociale .Il se pose aussi le problème de participation politique qu’il faut instituer pour toutes les composantes.  

Enfin, la réconciliation suppose la création d’un Etat émanant de la volonté commune. La réconciliation s’effectue en garantissant institutionnellement la représentation politique des intérêts de la diversité des acteurs sociaux en assurant la participation politique des membres de toute la société.

La réconciliation s’opère afin dans le débat démocratique collectif impliquant tous les acteurs sociaux, débat au sein duquel s’invente un nouveau projet pour la République, qui rassemble la diversité sociale et culturelle.


Les hommes et femmes, jeunes et vieux, politique et acteurs de la société civile, sommes soumis aux lois de la mémoire, comme soulignait Roger BASTIDE , l’anthropologue, pour résoudre les crises politiques qui mettent en prises les peuples dans un Etat polyethnique, il faut explorer la voie qui consiste à engager une politique constructive progressive de la nation, en faisant de sorte que les revendications des groupes sociaux et les thèses contradictoires des adversaires sont débattus et exposés, sans omettre les réparations nécessaires et la reconnaissance de la faute politique. 

Maitre Laurent OTSHUMBE,
Avocat au Barreau de Kinshasa /Gombe
Doctorant en Droit/ Éditeur. CD


Editeur.cd/ Publié par: Mira Mboma - Le 21-11-2020 à 07:26
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